LA NASALISATION
... DES VOYELLES SIMPLES
C'est un phénomène qui a lieu en français
entre le XIe et le XVIe et qui touche les voyelles en précession d'une consonne nasale.
Schéma général
ÉTAPE 1 (vers le VIIe) :
Influence fermante de la consonne nasale sur la voyelle en
précession.
ÉTAPE 2 (entre le XIe et le XIVe)
:
Nasalisation des voyelles (des voyelles les plus ouvertes aux
plus fermées) :
par anticipation de la prononciation de la consonne nasale, le voile du palais
s'abaisse trop tôt et la voyelle en précession est donc nasalisée.
Influence ouvrante de la consonne nasale sur la voyelle
nasalisée.
Attention : en AF, la consonne nasale se prononce.
ÉTAPE 3 (XVIe2-XVIIe1)
:
Dénasalisation partielle (des voyelles les plus fermées aux
plus ouvertes) :
a) Si la consonne nasale est en position explosive
donc forte, elle se maintient et la voyelle se dénasalise en
prenant le timbre atteint lors de la nasalisation.
b) Si la consonne nasale est en position implosive
donc faible, la voyelle reste nasalisée tandis que la consonne nasale s'amuït.
cependant, elle se maintient graphiquement pour noter le trait nasal de la
voyelle.
La dénasalisation a lieu avant l'effacement de [e] central final
du XVIIe.
Cas par cas
... DES DIPHTONGUES
C'est un phénomène qui a lieu en français entre le Xe et le XVIe et qui touche les diphtongues en précession d'une consonne nasale.
Schéma général
ÉTAPE 1 (Xe)
:
Nasalisation du second élément de la diphtongue :
Par anticipation de la
prononciation de la consonne nasale, le voile du palais s'abaisse trop
tôt et l'élément diphtongal atone en précession se nasalise.
ÉTAPE 2 :
Nasalisation du premier élément de la diphtongue
:
Elle a lieu à la même date que la nasalisation de la voyelle simple
correspondante.
Exception pour i et ü : la bascule de l'accent a lieu
avant leur nasalisation. Elles se consonnifient donc sans s'être
nasalisées.
ÉTAPE 3 :
Ouverture des voyelles nasalisées seulement après la
réduction des diphtongues.
ÉTAPE 4 :
Dénasalisation partielle
(comme pour les voyelles simples) au
XVIIe1 :
a) Si la consonne nasale est en position explosive
donc forte, elle se maintient et la voyelle se dénasalise en
prenant le timbre atteint lors de la nasalisation.
b) Si la consonne nasale est en position implosive
donc faible, la voyelle reste nasalisée tandis que la consonne nasale s'amuït.
Cependant, elle se maintient graphiquement pour noter le trait nasal de la
voyelle. Il y a un allongement compensatoire de la voyelle, assez vite
résorbé à la finale.
Cas par cas