DIPHTONGAISON DE e fermé tonique libre  
(Cas particulier :  action d'une palatale )

1) RAPPEL DE L'ORIGINE DE

Du IIe s. à la fin du Ve s., c'est le changement vocalique : les voyelles ne s'opposent plus par la quantité (brève / longue) mais par leur aperture, d'où :

Ier s. 
(av. le changement vocalique)

IIe s.

IIIe s.

2) CHRONOLOGIE DES ÉTAPES DE LA DIPHTONGAISON

IIIe

Bouleversement quantitatif : on passe d'un accent de hauteur à un accent d'intensité: la voyelle tonique libre s'allonge tandis que les autres s'abrègent. 

VIe

En période de faiblesse articulatoire, diphtongaison spontanée de la voyelle tonique libre : la voyelle allongée sous l'effet de l'accent se segmente puis, par différenciation, le second segment se ferme d'un degré.

XIIe1

Évolution de la diphtongue : en réaction contre un risque d'assimilation, nouvelle différenciation par recul du premier élément dans la zone vélaire.

XIIe2

Début de réduction de la diphtongue : par assimilation réciproque: le premier élément se ferme de deux degrés et le deuxième élément s'ouvre d'un degré.

XIIIe1


Déplacement de l'accent sur le second élément de la diphtongue, plus ouvert, ce qui entraîne la fermeture du premier élément en semi-consonne [w].

XIIIe

Influence ouvrante de la semi-consonne vélaire :
 
XIIIe - XVIIIe


ou

Ouverture de la voyelle jusqu'à [a] dans la langue populaire parisienne, prononciation qui l'emportera après la Révolution.

ou

Réduction de la diphtongue, généralisé dans les désinences d'imparfait et du conditionnel, les suffixes nominaux, les séquences consonne + r/l.

Jusqu'au XVIIe s., la graphie est oi / ei puis, en 1835, le Dictionnaire de l'Académie officialise les graphies è/ai dans les désinences d'imparfait (et conditionnel), les suffixes nominaux et les séquences consonne + r/l.

Pour s'entraîner
foi - croire - voir

3) CAS PARTICULIER: INFLUENCE D' UNE CONSONNE PALATALE

Sous l'influence d'une consonne palatale précédente, il y a réduction de la diphtongue dès le VIe s. :


Deux explications possibles :
1) Monophtongaison immédiate par fermeture du premier élément en [i] :

2) Sous l'influence de la consonne palatale, fermeture à l'avant, ce qui entraîne la formation d'une triphtongue réduite par la suite par fermeture et assimilation de l'élément médian :


Pour s'entraîner
merci -pays - plaisir