LES CONSONNES IMPLOSIVES

Il s'agit d'une consonne placée : - en fin de syllabe devant une autre consonne qui est à l'initiale de la syllabe suivante
                                                - en finale absolue d'un mot.

Comme c'est une position faible, il y a affaiblissement de la consonne, assimilation régressive puis, le plus souvent, effacement.

Consonne ÉVOLUTION exemples
S / Z XIe1 : amuïssement devant consonne sonore

XIIe2 : amuïssement devant consonne sourde


N

devant s/ f

Amuïssement en latin mais restauration dans des mots semi-savants.

mensem > mois
pensare > peser / penser

cons + n + s 
( n appuyé

Epenthèse par dénasalisation : production d'une occlusive sourde  [t].
Effacement de la consonne nasale médiane du groupe triconsonantique.
Formation de l'affriquée [ts] graphiée z, qui se réduit à [s] au XIIIe


annos > anz
diurnos > jorz, jours

L

vélarisation, vocalisation et formation d'une diphtongue ou d'une triphtongue de coalescence 
( l vélaire )

Les dentales
t, d, q, d

Devant [s]

Formation d'une affriquée sourde [ts] (assourdissement des dentales sonores), qui se simplifie au XIIIe par perte de l'élément dental.

st + s : simplification en [ts] ( dissimilation de s intérieur par le -s final ).

hostis > ost
prodis > preux

Devant [t]

Assimilation régressive de la dentale en dentale sourde [t] :, fonte dans le [t] puis effacement au XIIIe.

3e pers. de l'indicatif présent.

Les labiales
p, b, v, m
(devant s / t)

P/ B/ V

VIIe : affaiblissement en [f], constrictive labio-dentale sourde.
IXe : amuïssement.

capum > chef
colapum > coup
ruptam > route

M

Au moment du contact : dentalisation en [n] (assimilation de point d'articulation), qui se maintient et entraîne la nasalisation.

commeatum > congé