LES DIPHTONGUES OU TRIPHTONGUES DE COALESCENCE

Avec l vélaire

 

A) Origine du l vélaire et vocalisation
[l] alvéolaire, en position implosive (l antéconsonantique),  recule son point d'articulation dans la zone vélaire
Plusieurs situations ont donné naissance à ce l vélaire
:

IIIe

Ier au Ve

VIIe2

VIIe

Vélarisation de [l] antéconsonantique primaire :
En position implosive lors de l'amuïssement  d'une voyelle prétonique interne ou pénultième atone


Dans certains cas, dégagement d'une consonne d'épenthèse par occlusion.
En position implosive lors de l'amuïssement  d'une voyelle finale :

Dans certains cas, dégagement d'une consonne d'épenthèse par occlusion.

Lors de l'amuïssement  d'une voyelle finale, dépalatalisation de l mouillé (< palatalisation complète de [l] au IIe sous l'influence de yod) en position implosive et vélarisation :

Dans certains cas, dégagement d'une consonne d'épenthèse par occlusion.

Vocalisation de l vélaire au XIe, après l'effacement de -t final après voyelle.
Elle aboutit à :

Formation d'une diphtongue ou d'une triphtongue de coalescence à ce moment-là, mais effacement après [i] et [ü].

B) Les diphtongues de coalescence

1) AVEC [a] 

XIe

Vocalisation de la consonne vélaire et formation d'une diphtongue de coalescence avec la voyelle en précession.
M.F. Évolution de la diphtongue de coalescence par assimilation d'aperture :
 - au contact de [u], vélarisation de [a]
 - au contact de [a], ouverture de [u] d'un degré.
XVIe Réduction de la diphtongue par assimilation régressive de [â].

Pour s'entraîner
autre

2) AVEC [e] fermé

XIe

Vocalisation de la consonne vélaire et formation d'une diphtongue de coalescence avec la voyelle en précession.
XIIe Évolution de la diphtongue de coalescence par labialisation du premier élément au contact de [u].
XIIe2 Réduction de la diphtongue par amuïssement du second élément, plus fermé.

Pour s'entraîner
cheveux - conseuz

3) AVEC [e] ouvert

XIe

Vocalisation de la consonne vélaire et apparition d'un son de glissement a qui s'impose comme élément médian, d'où la formation d'une triphtongue de coalescence.
XIIe2 Évolution de la triphtongue de coalescence : déplacement de l'accent sur l'élément médian, plus ouvert, ce qui entraîne la fermeture du premier élément d'un degré.
XIIe2 Dans la langue populaire
Fermeture du premier élément jusqu'à yod.
Dans la langue savante
Affaiblissement du premier élément en e central.
M.F. Dans la langue populaire
Évolution de la diphtongue [au] par assimilation d'aperture :
 - au contact de [u], vélarisation de [a]
 - au contact de [a], ouverture de [u] d'un degré.

 

Dans la langue savante
Labialisation du e central puis évolution de la diphtongue [au] par assimilation d'aperture :
 - au contact de [u], vélarisation de [a]
 - au contact de [a], ouverture de [u] d'un degré.
XVIe Dans les deux cas, réduction de la diphtongue par assimilation régressive de [â].
XVIIe La langue savante l'emporte avec amuïssement de la voyelle labialisée.

Pour s'entraîner
châteaux - beaux

4) AVEC [o] fermé ou ouvert

XIe


Vocalisation de la consonne vélaire et formation d'une diphtongue de coalescence avec la voyelle en précession.
XIIe

Fermeture de [o] ouvert au contact de [u].

Réduction de la diphtongue par assimilation d'aperture.

Pour s'entraîner
coup - fou - genoux

5) AVEC [i] 
 Effacement de l'élément diphtongal : selon Zink, labialisation de [u] en [ü] puis délabialisation par i et assimilation :

Pour s'entraîner
fils

6) AVEC [ü] 
Assimilation de l'élément diphtongal :

Pour s'entraîner
pulicem > puce (pas de correction)

C) Les triphtongues de coalescence

1) AVEC

XIe

Vocalisation de la consonne vélaire et formation d'une triphtongue de coalescence avec la diphtongue en précession.

XIIe

Évolution de la triphtongue de coalescence par labialisation de l'élément médian au contact de [u].

Déplacement de l'accent sur l'élément médian plus ouvert, ce qui entraîne la fermeture du premier élément en semi-consonne y. Il n'y a plus qu'une diphtongue.

XIIIe1

Réduction de la diphtongue par perte de l'élément final plus fermé

Dans l'Est et le Nord, évolution dialectale
XIIe : pas de labialisation mais ouverture de la voyelle médiane en
[a] sous l'influence de l'élément final, d'où la graphie iau au lieu de ieu.

Pour s'entraîner
mieux

2) AVEC

XIe

Vocalisation de la consonne vélaire et formation d'une triphtongue de coalescence avec la diphtongue en précession.

Évolution de la triphtongue par différenciation de point d'articulation : vélarisation de l'élément médian.

XIe2-XIIe1

Évolution de la triphtongue par assimilation réciproque d'aperture : palatalisation du premier élément et labialisation de l'élément médian.

XIIe


ou

Déplacement de l'accent sur l'élément médian plus ouvert, avec deux évolutions possibles :
1) Dissimilation totale de [ü]
2) Dissimilation partielle de [ü] : antériorisation et délabialisation en [i].

XIIe2


ou

Monophtongaison par perte de l'élément final plus fermé et dans le cas de la dissimilation partielle, fermeture de [i] en semi consonne [y] (XIIe2-XIIIe1).

Pour s'entraîner
yeux